08/12/2007

 

Citation du jour:

"Un homme qui ne marche pas ne laisse pas de traces."

                                                                                    Georges Wolinski

Départ: VASSY

Arrivée: VIRE

Distance parcourue: 20,040 km

Commentaires

La nuit fut courte! A cause des "co-locataires", mais on s'y habitue !

Début de journée difficile. A peine une demi-heure que j'ai pris le départ, et il recommence à pleuvoir. Cela ne s'arrêtera pas de la journée.

Depuis Rouen, le chemin de Saint Michel est balisé. Certains tronçons plus que d'autres, et d'autres, mieux que certains. Cela dépend probablement de la personne qui a telle ou telle partie du chemin en charge. Mais dans l'ensemble, c'est bien fait. La palme du fléchage me paraît pourtant devoir revenir à celui ou celle qui s'est occupée de la D 303, peu après Vassy. On peut difficilement faire mieux !

La route est jonchée d'une myriade de petites limaces. Jamais je n'en ai vu autant. A Chênedollé, un brave octogénaire bien alerte m'invite à le rejoindre sous son hangar pour me protéger un peu de la pluie . Je ne me fais pas prier. Lorsque je lui explique d'où je viens, notre conversation tourne bien entendu autour de la Belgique et de notre gouvernement fantôme, des réfugiés belges de la dernière guerre et de la météo légèrement "humide" de ces derniers jours et des fameuses limaces !

Mais, humide ou pas, il me faut repartir. Je profite d'une accalmie pour dire au revoir à mon hôte et relancer la machine. Le répit est de courte durée, à peine reparti, la pluis recommence de plus belle ! J'ai les pieds qui glissent dans les chaussures tant elles sont trempées. Afin d'éviter les petits chemins aux ornières inondées, je reprends les routes principales et secondaires. Je marche au ralenti, en faisant de nombreux arrêts? C'est avec plaisir que j'aperçois le panneau qui m'indique que j'entre dans la commune de Vire.

Grande commune, mais pas grand chose à voir ! Du moins en ce moment ! A moins de parcourir quelques kilomètres supplémentaires en dehors de la ville. Et le temps ne s'y prête vraiment pas !

L'Hôtel moderne se trouve près de la gare et n'a de moderne que le nom, mais c'est un endroit qui me rappelle un peu les établissements des années 60. Il n'y manque qu'un vieux juke-box et la musique d'époque pour être dans l'ambiance des "Sixtees". Après mon installation, et une bonne douche, je remonte faire un tour en ville ! Mouillé pour mouillé, j'ai chaussé mes espadrilles afin d'essayer de faire sécher un peu mes bottines remplies de papier journal. J'aurais pas dû ! Espadrilles et bandes blanches des passages pour piétons ne font pas bon ménage par temps de pluie ! Je glisse et manque de me ramasser LA gamelle du voyage. Je me tords un doigt de pied et c'est en boîtant que je rentre à l'hôtel !

Le soir, petite déprime ! Je pense sérieusement à l'obligation de devoir abandonner à cause de cette blessure. Je résiste pourtant à la tentation d'aller voir à la gare à quelle heure il y aurait un train le lendemain matin pour un éventuel retour prématuré. Je me dis qu'il sera toujours temps d'envisager cela après un nuit de sommeil.

Vassy - Vire 1

Palme d'Or du flèchage

Vassy - Vire 2

Rien que pour voir des paysages comme celui-ci, cela vaut la peine, non ?

Vassy - Vire 3

L'hébergeur du jour !   Merci Monsieur.

Vassy - Vire 4

VIRE

26/11/2007

 

Citation du jour

"Je ne me demande pas où mènent les routes, c'est pour le trajet que je pars. "

                                                                                              Anne Hébert

Départ: PONT-D'OUILLY

Arrivée: VASSY

Distance parcourue:  

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Je passe au Bar de l'Isle où j'ai si bien été reçu la veille pour y boire un café et réceptionner mon sandwich quotidien. Le patron n'est pas là et vu le monde qui y passe, je doute que la patronne ait le temps de m'en préparer un ! Tant pis, il faudra que je trouve en chemin de quoi me sustenter !

Dès le départ, je sors le poncho. Il ne me quittera plus de la journée. Que d'eau ! Que d'eau ! Que d'eau ! Lorsqu'il pleut autant, je choisis d'emprunter les routes plus importantes où je peux plus facilement trouver de quoi m'abriter.

A force de voyager tête baissée, je ne vois rien du paysage. Impossible de prendre des photos dans ces conditions. D'ailleurs, il n'est même pas question d'essayer, j'aurais trop peur de noyer l'appareil !

Après quelques kilomètres le long du Noireau, un affluent de l'Orne, je rejoins Saint-Denis-de-Méré et la départementale qui mène à Condé.... sur-Noireau ! Il n'y a pas de hasards !

Il est 11:00. Je rentre dans un restaurant-routier, "Le Relais des Landes", pour boire un café accompagné du petit complément qui va avec dans la région: un calva ! Pour faire bonne mesure, en attendant une hypothétique accalmie, j'en commande un second ! Au moment de régler l'addition, le patron me dit que c'est pour lui ! Je ne m'y attendais pas, mais je rencontre tellement de gens sympathiques depuis quelques jours, que je n'en suis pas non plus étonné ! Dans ma jeunesse (c'était hier !), j'écoutais souvent une émission de Max Meynier sur RTL, "Les Routiers sont Sympas" Eh bien, ils le sont toujours ! Je tente bien d'émettre une objection, mais rien n'y fait ! Merci Monsieur !

Il est temps de continuer, car plus les arrêts sont fréquents et longs par ce temps pluvieux, plus tard j'arrive à la ville étape suivante, ce qui a pour conséquence que je  trouve portes closes les mairies ou Offices du Tourisme.

Le belge est un grand connaisseur en matière de "draches nationales". Celle qui me tombe dessus peu avant mon arrivée à Vassy mérite de figurer parmi celles dont je me souviendrais ! Je finis l'étape trempé de la tête aux pieds !

Ma priorité en arrivant: me mettre au sec ! Après un premier essai dans un bar-tabac où le peu de personnes présentes semblent m'ignorer, l'endroit choisi est le Bar du Commerce. Là, on m'informe qu'il n'y a rien comme possibilité d'hébergement. Pas de camping, pas d'hôtel ! Rien si ce n'est un local réservé habituellement aux SDF de passage ! La demande d'occupation est à faire à la mairie. Il me reste 20 minutes avant la fermeture ! J'y cours ! J'y vole ! Après un petit coup de téléphone de l'employée à un élu communal, on ne voit aucun inconvénient à ce que j'occupe ce logement pour la nuit et on m'en donne la clef. On prend également le soin de me préciser qu'il ne faut pas m'attendre au grand luxe !

Et en effet, l'extérieur me laisse présager le pire ! Mais l'intérieur est propre et au moins, je serai au sec pour la nuit. Des matelas, du chauffage, une table, une chaise, un lavabo, un wc, un réchaud électrique, des ustensiles de cuisine et même des vivres, essentiellement en conserves ! En faisant l'inventaire, je comprends pourquoi: il n'y a pas d'ouvre-boîtes !  Il y a même une coquille saint Jacques (mais rien que la coquille!) et je doute que ce soit un SDF qui s'en soit régalé !!! Je me plais à penser qu'il s'agit plutôt d'un petit clin d'oeil d'un précédent pèlerin. Apparemment, les gens qui passent ici et qui en ont les moyens laissent quelque chose pour les suivants qui en ont peut-être un peu moins, comme dans certains gîtes. Je ne dérogerai pas à cette coutume. Je passe à la superette du coin pour acheter l'ustensile manquant, ainsi que de quoi me nourrir ce soir et demain matin. Je retourne ensuite boire un verre (ou deux) en compagnie de quelques agriculteurs attablés au Bar du Commerce. J'en profite pour demander à la patronne quelques vieux journaux dont les pages serviront à essayer de sécher mes bottines.

Nuit mouvementée ! J'ai en effet des co-locataires dans le faux-plafond ! Nuisibles ou pas, je n'irai pas vérifier et fais contre mauvaise fortune bon coeur: par un temps pareil, tout le monde à le droit de se mettre à l'abri !

16 Pont-Vassy 174

L'arc-en-ciel qui précède une des journées les plus humides  du voyage

 

16 Pont-Vassy 177

Eh oui ! Le Désert ! Et pourtant je ne manque pas d'eau !

 

16 Pont-Vassy 184

L'Hôtel de la Coquille

 

16 Pont-Vassy 180

On voit qu'une personne entretient régulièrement ce local. Merci madame !

 

16 Pont-Vassy 182

La coquille du pèlerin