08/12/2007

 

Citation du jour:

"La différence entre un artiste et une paire de chaussures, c'est que l'artiste doit pouvoir partir avant de lasser, tandis que les chaussures, il vaut mieux les lacer avant de partir!"

                                                                             Le Chat, Philippe Geluck

Départ: BRECEY

Arrivée: AVRANCHES

Distance parcourue: 24,331 km

Commentaire

 Réveil en pleine forme ! Le petit déjeuner est au niveau du repas de la veille ! Produits du terroir, pain aux pépites de chocolat préparé et cuit par l'hôtesse de maison, café, jus de fruits frais, rien n'y manque ! Après cela, je suis paré pour la journée.

Il y a quelques semaines, lors de la préparation de mon itinéraire, j'avais prévu, au départ de Brécey, d'aller directement au Mont-Saint-Michel en passant par Ducey, en faisant l'impasse sur le petit plus qu'est la traversée de la baie à pied.

Le jour d'avance gagné à la sueur de mes pieds, me permet de passer par Avranches et d'aller ensuite en direction des Genêts. Le seul (petit) problème, c'est que je n'ai pas les cartes de cette option ! Tant pis, on verra cela lorsque le problème se posera.

Pour l'heure, Monsieur tient à me déposer en voiture sur le bon chemin. J'emprunte ensuite le trajet qu'il m'a conseillé la veille. Et c'est vrai que ces chemins qu'il connait comme sa poche valent la peine d'être parcourus ! Je le reverrai par la suite encore à deux reprises, comme pour s'assurer que tout va bien. La seconde fois, étonné par ma "cadence de combat", il comprend que tout va pour le mieux.

A Petit-Celland, peu après le village (et l'église qui était ouverte!) j'arrive sur un site étonnant. Trois grandes croix de pierre commémorant des victimes tombées lors de la fameuse bataille des Chouans (1800) sont érigées les unes derrière les autres dans un bosquet, à quelques mètres de distance les unes des autres.

Un peu plus loin, dans le Bois du Châtelier, je rate une bifurcation, avec pour conséquence de me retrouver bloqué par une clôture qui interdit le passage vers un chemin de ferme donnant accès à un pré. Le passage des bovins a fait de ce chemin une rivière de boue et de bouse, immobile mais odorante ! Tant pis, je passe sous la clôture et fais péniblement la cinquantaine de mètres me séparant de la cour de la ferme avant de me retrouver enfin sur un chemin praticable ! Ne sachant pas exactement où j'ai atterri, je mets le cap à l'ouest jusqu'à ce que je retrouve le bon chemin, tout en sortant du périmètre des cartes en ma possession. Il ne me reste plus qu'à rejoindre Avranches par les routes nationales.

Je pensais que cette étape serait facile. Eh bien, non ! Les dénivelées y sont importantes, mais petite compensation, les paysages sont magnifiques surtout lorsque le soleil daigne faire son apparition.

Dernière difficulté de la journée, l'escalade de la côte qui me hisse vers le centre-ville d'Avranches. Je my arrête à de nombreuses reprises pour faire semblant d'admirer le paysage. En fait, il s'agit plus de reprendre mon souffle !

L'Office du Tourisme me donne une brochure reprennant la liste des hôtels de la région . Celui, pas trop cher, sur lequel j'avais jeté mon dévolu se révèle être fermé depuis deux ans ! D'autres sont complets et ceux qui restent affichent des prix que ma petite bourse de pèlerin ne peut même pas envisager !

Le patron du bar où je fais une pause m'indique un petit hôtel à Le-Val-Saint-Père, deux kilomètres au sud de la ville en direction du Mont. Je m'y rends et j'ai la chance d'y trouver une petite chambre libre. Le bar de l'Hôtel La Licorne est également le siège d'un club de motards où je suis très bien accueilli par la patronne. Après mon installation et une bonne douche, je remonte en ville faire quelques emplettes, dont une carte de la région.

J'en profite pour visiter le Scriptorial. Il s'agit d'un musée qui présente de rares manuscrits du Mont-Saint-Michel, ainsi que des enluminures précieuses. On peut également y admirer de nombreux objets rares liés à l'histoire du Mont.

Une salle nous propose également de comprendre un peu mieux la fabrication d'un manuscrit. Je n'ai pu résister au plaisir de prendre quelques photos, mais je me suis aperçu un peu plus tard en relisant la petite brochure d'accueil, que c'était interdit ! Donc, pour respecter cela, vous n'en verrez pas , si ce n'est celles pêchées sur Internet !

De retour à l'hôtel, j'apprends que la patronne ne fait plus de petite restauration le soir comme indiqué sur un tableau ! Par contre, le petit déjeuner pourra m'être servi à 08:30 demain matin au lieu de 08:00, soirée du vendredi soir oblige.

Je mange mes dernières rations pour alléger un peu mon sac, mais aussi pour ranger dans leur boîte les divers souvenirs accumulés au cours de mon trajet. Cela va de la facture de camping à la boîte de tripes viroises à la mode de Caen, en passant par les cartes postales, magnets et autres objets en rapport avec les villes-étapes traversées.

Le soir, après le repas, je m'offre un petit luxe: un quart d'heure de télévision. Rien d'intéressant, je préfère me coucher !

Brécey - Avranches 1

Le Camino ?  C'est par là !

 

Brécey - Avranches 2

No comment

 

Brécey - Avranches 3

Les Trois-Croix, à Petit-Celland

Brécey - Avranches 4

L'arrivée à Avranches

Brécey - Avranches 5

Une des nombreux arrêts... pour admirer le paysage !

Brécey - Avranches 6

Avranches, et son remerciement à Patton

 

Citation du jour

"Un homme qui ne marche pas ne laisse pas de traces."

                                                                                     Georges Wolinski

Départ: VIRE

Arrivée :BRECEY

Distance parcourue : 33,335 km

Commentaire

Hier soir, c'était l'horreur ! J'avais mal partout et j'ai passé la soirée à envisager de nombreuses solutions: au pire, abandonner purement et simplement et reprendre le train vers la Belgique, au mieux, longer les départementales et nationales  qui me permettraient le cas échéant de faire du stop ou de prendre un bus vers la gare la plus proche !

Ce qui m'inquiète le plus, ce matin, c'est ce doigt de pied qui est tout bleu ! Bon, d'accord, une fois dans la chaussure, cela ne se voit plus ! Mais quand même, cela me tracasse !

Avant de prendre le petit déjeuner, je remonte en ville pour me renflouer un peu, car je n'ai même plus de quoi me payer le café qui me sera servi ! Cela me permet également de faire le point sur ma condition physique sans mon équipement. Cela a l'air d'aller.

Et après ce petit déjeuner, cela va encore mieux !

Cela va tellement bien que je ne pense même plus à raccoucir l'étape en longeant les routes principales. J'emprunte donc les petits chemins initialement prévus, jusqu'au lac de la Dathée que je longe sur quelques kilomètres. J'y croise un jeune joggeur qui, reconnaissant en moi un pèlerin, s'arrête pour me demander si je vais à Compostelle. Lui-même y est allé: 900 km en 32 jours ! Je félicite la performance. J'aimerais pouvoir en faire autant !

Après cette sympathique rencontre, je quitte le lac pour entamer une longue montée vers un point de vue qui domine le plan d'eau et les environs.  On a de là haut une idée plus globale sur le climat: pluie battante sur route la région ! Mais la beauté du site compense beaucoup !

Premier arrêt à Champ-du-Boult pour me mettre un instant au sec et me mouiller le gosier d'une bière bien fraiche.

Je continue sur la "Route du Granit", comme nous le rappelle une stèle. L'itinéraire suit un Sentier de Grande Randonnée de Pays jalonné de panneaux didactiques expliquant les particularités de la région: paysages, faune, flore, carrières, fermes, etc. L'un de ces panneaux nous renseigne sur l'histoire de la chapelle des Nouettes, lieu de pèlerinage modeste, mais apparemment toujours bien suivi par les gens du pays, comme le prouve son entretien et les nombreuses statues qui y sont abritées, dont une de mon saint préféré ! 

A Saint-Michel-de-Montjoie, heureuse surprise, l'église est ouverte, ce qui me permet d'y admirer un magnifique vitrail et une statue de mon saint patron.

Un peu plus loin dans le village, se trouve le Musée du Granit. Il est malheureusement fermé. Dommage, car d'après ce que je peux en apercevoir, cela a l'air intéressant.

A Saint-Pois, je prends quelques libertés avec l'itinéraire initial. Je suis en forme et je décide de "griller" cette ville-étape pour continuer sur Brécey, distante à vol d'oiseau d'une dizaine de kilomètres.

Cela me fera perdre une occasion de traverser une belle région boisée, mais me fera également gagner une journée ! Si je veux être au jour J (le 29) au Mont-Saint-Michel, je préfère être en avance plutôt qu'en retard. On ne sait jamais !

Je suis très heureux de la façon dont s'est déroulée cette étape, mais l'arrivée à Brécey est la bienvenue ! Comme souvent, après avoir fait tamponner ma crédenciale à l'Office du Tourisme, je m'y renseigne sur les possibilités d'hébergement. Hôtels et campings sont fermés. L'employée me propose un logement en maison d'hôtes. C'est une solution que je n'avais pas encore envisagée, craignant que les prix ne dépassent mon budget ! Mais une fois n'est pas coutume, je m'empresse d'accepter.

Aucun regret ! Bien au contraire.

"La Lucerie" est tenue par une dame charmante dont l'accueil restera un de mes meilleurs souvenirs. Ma tenue de vieux baroudeur  trempé et crotté ne l'effraye même pas ! Chambre et salle de bain attenante sont impeccables.

Petit tour habituel en ville, achats pour le repas du lendemain, quelques bières par çi par là, puis retour au bercail.

Au repas du soir, je fais la connaissance de Monsieur. Il se trouve qu'il est lui-même un habitué des chemins et sentiers puisqu'il est organisateur de randonnées équestres et en VTT.

Le repas est excellent: apéro, entrée au thon et crevettes gambas, escalope de dinde enrobée d'une sauce délicieuse et accompagnée de pommes de terre, compote de pommes du pays, de même que les fromages, le tout accompagné d'un très bon vin acheté directement au producteur ! Mon hôtesse regrette pourtant que mon arrivée inopinée ne lui ait pas permis de me faire goûter des recettes avec plus de produits régionnaux. Je la rassure, tout était parfait !

Après le repas, Monsieur m'aide dans la préparation de mon étape du lendemain en me signalant quelques sentiers de sa connaissance qui lui semblent être pour moi des passages obligés !  Notre discussion se termine tard dans la soirée, du moins pour moi qui depuis le début de mon périple suis habitué à "aller dormir avec les poules" !

Après une excellente, journée, je passe une excellente nuit !

Vire - Brécey 1

Le lac de la Dathée

 

Vire - Brécey 2

Bon, d'accord, c'est un peu humide, mais c'est beau quand même non ?

 

Vire - Brécey 3

Salut (et merci) l'artiste !

 

Vire - Brécey 4

La chapelle des Nouettes...

 

Vire - Brécey 5

... peu avant Saint-Michel-de-Montjoie

Vire - Brécey 6

Magnifique vitrail de l'église de Saint-Michel

 

Vire - Brécey 7

Le parcours est moins infernal que le nom pourrait  le faire penser !

 

 

Citation du jour:

"Un homme qui ne marche pas ne laisse pas de traces."

                                                                                    Georges Wolinski

Départ: VASSY

Arrivée: VIRE

Distance parcourue: 20,040 km

Commentaires

La nuit fut courte! A cause des "co-locataires", mais on s'y habitue !

Début de journée difficile. A peine une demi-heure que j'ai pris le départ, et il recommence à pleuvoir. Cela ne s'arrêtera pas de la journée.

Depuis Rouen, le chemin de Saint Michel est balisé. Certains tronçons plus que d'autres, et d'autres, mieux que certains. Cela dépend probablement de la personne qui a telle ou telle partie du chemin en charge. Mais dans l'ensemble, c'est bien fait. La palme du fléchage me paraît pourtant devoir revenir à celui ou celle qui s'est occupée de la D 303, peu après Vassy. On peut difficilement faire mieux !

La route est jonchée d'une myriade de petites limaces. Jamais je n'en ai vu autant. A Chênedollé, un brave octogénaire bien alerte m'invite à le rejoindre sous son hangar pour me protéger un peu de la pluie . Je ne me fais pas prier. Lorsque je lui explique d'où je viens, notre conversation tourne bien entendu autour de la Belgique et de notre gouvernement fantôme, des réfugiés belges de la dernière guerre et de la météo légèrement "humide" de ces derniers jours et des fameuses limaces !

Mais, humide ou pas, il me faut repartir. Je profite d'une accalmie pour dire au revoir à mon hôte et relancer la machine. Le répit est de courte durée, à peine reparti, la pluis recommence de plus belle ! J'ai les pieds qui glissent dans les chaussures tant elles sont trempées. Afin d'éviter les petits chemins aux ornières inondées, je reprends les routes principales et secondaires. Je marche au ralenti, en faisant de nombreux arrêts? C'est avec plaisir que j'aperçois le panneau qui m'indique que j'entre dans la commune de Vire.

Grande commune, mais pas grand chose à voir ! Du moins en ce moment ! A moins de parcourir quelques kilomètres supplémentaires en dehors de la ville. Et le temps ne s'y prête vraiment pas !

L'Hôtel moderne se trouve près de la gare et n'a de moderne que le nom, mais c'est un endroit qui me rappelle un peu les établissements des années 60. Il n'y manque qu'un vieux juke-box et la musique d'époque pour être dans l'ambiance des "Sixtees". Après mon installation, et une bonne douche, je remonte faire un tour en ville ! Mouillé pour mouillé, j'ai chaussé mes espadrilles afin d'essayer de faire sécher un peu mes bottines remplies de papier journal. J'aurais pas dû ! Espadrilles et bandes blanches des passages pour piétons ne font pas bon ménage par temps de pluie ! Je glisse et manque de me ramasser LA gamelle du voyage. Je me tords un doigt de pied et c'est en boîtant que je rentre à l'hôtel !

Le soir, petite déprime ! Je pense sérieusement à l'obligation de devoir abandonner à cause de cette blessure. Je résiste pourtant à la tentation d'aller voir à la gare à quelle heure il y aurait un train le lendemain matin pour un éventuel retour prématuré. Je me dis qu'il sera toujours temps d'envisager cela après un nuit de sommeil.

Vassy - Vire 1

Palme d'Or du flèchage

Vassy - Vire 2

Rien que pour voir des paysages comme celui-ci, cela vaut la peine, non ?

Vassy - Vire 3

L'hébergeur du jour !   Merci Monsieur.

Vassy - Vire 4

VIRE