17/12/2007

 

Citation du jour :

"Et par Saint Michel... Vive les Paras !"

Départ : AVRANCHES

Arrivée: LES GENETS - MONT-SAINT-MICHEL

Distance parcourue: 25,496 km

Commentaires

Nous sommes enfin le 29 septembre, jour que j'attends depuis de nombreux mois !

Ce matin, je descends de ma chambre à 08:25 pour le petit déjeuner. Pas de chance, tout est encore fermé. Je remonte ! 20 minutes plus tard, je tente de nouveau ma chance: toujours personne, aucun bruit ! Je réfléchis: si la patronne arrive maintenant et qu'elle doit encore tout préparer pour le repas, je risque d'en avoir pour un certain temps. Résultat de ma réflexion: cette étape n'est pas longue, mais ne connaissant pas les formalités de traversée aux Genêts, je préfère ne plus attendre. J'espère seulement qu'il s'agit d'un oubli de sa part ou que sa soirée de la veille a été plus longue que prévue, ce qui expliquerait et justifierait cette absence.

Je remonte sur Avranches et rejoins l'itinéraire des pèlerins. Au détour d'un chemin, avant de redescendre vers le bas de la ville, j'ai la surprise d'apercevoir pour la première fois le Mont-Saint-Michel. Plus aucun doute, le but est proche, même s'il ne s'agit encore pour l'instant que d'une petite silhouette tout au fond, très loin sur l'horizon.

 Quelques kilomètres après la sortie d'Avranches, un pont devait normalement me permettre de franchir la Sée. Du moins, sur ma carte, car sur le terrain, à part une passerelle en construction, il n'y a rien ! Un couple de promeneurs que j'interroge quelques centaines de mètres plus loin, confirme mes craintes: il n'y a pas de pont plus loin ! Il faut donc que je retourne sur mes pas vers la gare... d'où je viens ! En repassant près de la future passerelle, une rapide estimation des lieux me laisse entrevoir une possibilité de passer. Heureusement, nous sommes samedi, les ouvriers sont au repos. Je tente le coup ! Je me faufile entre deux barrières, passe par dessus les tas de matériaux de construction avant d'escalader la frêle passerelle en bois qui permet aux ouvriers de passer d'une rive à l'autre. Dans des conditions normales, cela ne serait déjà pas évident, mais avec près de 20 kg sur le dos, cela l'est encoire moins. C'est étroit, mais en forçant un peu, ça passe ! C'est lorsque je suis au milieu de la passerelle et que j'observe les eaux tourbillonnantes et boueuses de la Sée qui remonte vers les terres à cause de la marée d'équinoxe, que je prends conscience du danger de la situation ! "Saint-Michel-au-Péril-de-la-Mer", faites que cette passerelle soit solide et que le béton du pont soit plus ou moins sec ! J'aimerais bien prendre une photo, mais je préfère ne pas tenter le diable !

Une fois de l'autre côté, et après un ouf de soulagement, je retrouve avec joie le balisage spécifique d'autocollants blanc et bleu qui me sont devenus familiers.

Je longe l'estuaire pendant quelques kilomètres. Les prairies, les chemins côtiers sont parfois encore inondés de la marée montante précédente et là où l'eau s'est retirée ou n'est pas encore arrivée, une boue grisâtre qui glisse et colle aux bottines, rend la progression difficile. Pour plus de sécurité, je préfère reprendre les routes intérieurse. Peu avant Les Genêts, je peux de nouveau suivre le chemin côtier en admirant le Mont-Saint-Michel et le Rocher de Tombelaine.

Arrivé à la Maison de la Baie, l'émotion m'envahit et je ne peux retenir quelques larmes. La joie d'être arrivé, de ne pas avoir souffert "pour rien" ! Peut-être aussi parce que je comprends que c'est le début de la fin de ce voyage !

Mais il reste une partie importante à effectuer: la traversée de la baie jusqu'au Mont.

Avrancjes - Genêts 1

Si, si, il est là le mont, au centre de la photo !

Avranches - Genets 2

Le pont trop loin ! 

Avranches - Genets 3
Les côtes encore inondées de la baie.

Je prends le temps de visiter la petite église du village avant de continuer sur le Bec d'Andaine, où ont lieu les inscriptions et le départ des groupes accompagnés d'un guide.

Il y a différentes façons de traverser la baie. Cela va de la traversée à thème qui peut durer 10 heures, à la traversée plus sportive à cheval, en kayak (à marée haute, bien sûr !) ou encore la traversée normale avec retour en bus, qui dure 4 heures. C'est dans un de ces derniers groupes que je m'inscris. Il ne me reste qu'à attendre sagement l'heure du départ, soit deux heures que je passe agréablement au seul snack du coin, devant un sandwich... et quelques bières.

La majorité des randonneurs et pèlerins qui attendent sont en tenue légère, avec un petit sac contenant des vêtements de rechange. Certains me regardent, étonnés, comme un extraterrestre, d'autres me sourient en me prenant probablement pour un fou ! Apparemment, personne ne me regarde en enviant le sort qui m'attend !

"Et vous allez traverser avec ça ? " me demande un jeune homme. "Ca", c'est bien entendu mon sac à dos dans lequel je dois encore ajouter mes bottines !

Mais dans quelle galère suis-je aller me fourrer ? Ils essaient de me faire peur ou quoi ?

 Je  pars quand même à la recherche d'un guide. Ils sont facilement reconnaissables: ils portent une longue corde sur un sac à dos plus petit que le mien !!! 

- "Bonjour, Monsieur. Y'a pas trop de risques avec mon paquetage ?"

- " Pas si vous êtes habitué !"

Ah ! Bon, 19 jours que je le porte, on va dire que je suis habitué ! Mais cela ne me rassure pas vraiment !

L'heure du départ approche et je me mets donc en tenue. Il me suffit d'enlever mes bottines et les jambes de mon pantalon pour me retrouver en short et en espadrilles.

A l'heure H, Go...! La petite lampe verte s'allume dans ma tête. Mais contrairement à l'avion, on ne plonge pas directement ... dans l'eau ! Cela se fait progressivement. Contrairement à ce que j'appréhendais, mes blessures aux pieds ne me font pas trop souffrir ! J'en conclus que c'est de l'eau douce  et peu à peu, je n'y habitue. Parfois, j'ai de l'eau jusqu'en haut des cuisses ! Donc, jusque dans le bas du sac à dos ! Heureusement, j'ai prévu le coup ! C'est le compartiment du sac qui renferme mon bassin de toile dans lequel j'ai installé ma grande boîte fourre-tout qui me sert également à tenir mon sac debout lorsque je suis à l'arrêt ! Parfois, le courant est assez violent et mon bâton se révèle une fois de plus bien utile pour me maintenir en équilibre.

C'est un spectacle impressionnant que de voir ces centaines de personnes, dont de nombreux pèlerins catholiques qui chantent et prient en procession derrière leurs bannières.

Dernière difficulté, la remontée sur la digue. Les rochers sont enduits de la même boue grisâtre rencontrée auparavant sur la rive. Pour vous en donner une idée, c'est un peu comme du béton très liquide, fait avec du gravier très fin. Ces cailloux s'infiltrent partout entre les espadrilles et les pieds et s'y agglutinent ! Heureusement, il me reste de l'eau et je m'empresse de les nettoyer, d'enfiler chaussettes propres et bottines, avant de partir à l'assaut de la "Citadelle des Mers".

Après le passage sous les portes fortifiées, je monte la Grand Rue, qui n'a de "grand" que le nom ! Elle fait moins de 3 m de large ! Une trentaine de commerces sont installés dans des maisons dont les plus anciennes datent du XVe siècle, mais il est difficile d'apprécier leur architecture à leur juste valeur dans le flot des touristes !

Je passe à la maison du Pèlerin où je fais tamponner pour la dernière fois ma crédenciale.

Bref arrêt à l'église dédicacée à saint Pierre, mais qui est devenue un lieu de culte à saint Michel. Nombreux sont les pèlerins qui prient devant une magnifique statue du saint Archange ! Avant mon départ, il y a quelques semaines, quelques personnes m'ont demandé d'avoir une pensée pour elles lorsque je serais arrivé. C'est de bonne grâce que je me plie à cette tradition en offrant à mon saint patron une prière de leur part. J'envoie ensuite une petite carte postale aux personnes concernées pour les assurer de l'accomplissement de ma "mission" !

Je passe ensuite à la boutique de l'abbaye, mais je ne m'y attarde pas. Comme j'ai l'intention de revenir demain matin, je pense pour le moment à me trouver un endroit où loger ! Inutile de songer à passer la nuit sur le Mont, tout est complet en ce jour de fête et de grande marée ! Et probablement hors de prix ! Je retourne donc sur la côte où mon choix se limite au camping.

Une fois mon installation terminée, je me fais plaisir et m'offre un bon repas au resto ! Un vrai repas dans un vrai resto !

Retour au camping ! Un bon repas ne suffit pas toujours à passer une bonne nuit ! On n'a plus vingt ans !

Genets - MSM 1

Journée et paysage magnifiques

Genets - MSM 2

 

 

MSM 293

La faune...
 

MSM 292

...et la flore !

MSM 297

Attention passage dangereux !

MSM 311

 Saint Michel, patron des Paras

 

Les commentaires sont fermés.